Comment je suis devenu un renard
Hiroaki Ogasawara est un acteur japonais vivant entre la France et son pays natal. Il est déjà très reconnu au Japon pour sa maîtrise du répertoire du kyōgen, cet art théâtral comique et épique datant du Moyen Âge et transmis de génération en génération. En 2004, il montait sur scène pour la première fois à l’âge de 3 ans. En 2026, il interprétera le rôle du renard dans la pièce Tsurigitsune au Théâtre national de Tokyo et sera reconnu maître de kyōgen. Avec le spectacle Comment je suis devenu un renard, Hiroaki Ogasawara retrace le parcours de ces vingt ans d’apprentissage, et ouvre une fenêtre sur cet art virtuose, aussi comique que profond. C’est l’autoportrait d’un jeune homme d’aujourd’hui qui porte sur son art, ses modes de transmissions et son contenu un regard critique, autant esthétique que politique. Il nous partage ses réflexions sur son rôle de passeur entre des mondes et des époques si opposées et rêve avec nous la place que pourra avoir ce théâtre et ces gestes séculaires dans les temps à venir.
Création à l'automne 2027
Coproduction Scène nationale de Maubeuge, accueil Scène nationale de La Rochelle, Scène nationale de Blois
Où irais-tu ?
Le 30 mai, à 20h - la Philharmonie de Paris
Contraintes de changer de vie et de pays, des familles ayant trouvé refuge à Paris partagent leur expérience et leur ressenti en musique.
Distribution
Solistes de l'Ensemble intercontemporain
Emmanuelle Ophèle , flûte
Philippe Grauvogel , hautbois
Martin Adámek , clarinette
Marceau Lefèvre , basson
Jeanne Maugrenier , cor
Marie Picaut , soprano
Tamara Bounazou , soprano
Antoin Herrera-López Kessel , baryton-basse
Nigel Osborne , composition
Benjamin Lazar , mise en scène
Jessica Dalle , mise en scène
Joseph Paris , images
Avec la participation de familles issues de l'Association Aurore et du Samusocial de Paris
La Lame et le Pinceau
Alors qu'une rétrospective spectaculaire du Louvre est consacrée à l'automne 2025 à Jacques-Louis David, ce spectacle musical mêlant lectures, chants et images, nous entraîne à la rencontre d'un artiste pris dans le flux de l'Histoire, acteur et metteur en scène de la Révolution.
Si l'on connaît de David son iconique portrait de Marat assassiné ou le Sacre de Napoléon, on sait moins qu'il fut également l'organisateur des cérémonies et fêtes révolutionnaires.
Réunis autour du metteur en scène et comédien Benjamin Lazar, un plateau d'acteurs et de musiciens d'exception (Judith Chemla, Stanislas Roquette, Arnaud Marzorati et Thibault Lacroix) nous livrent un portrait de David méconnu, celui d'un homme emprisonné à la fin de la Terreur et qui revit ses souvenirs à la veille de son procès.
L'Histoire du Soldat
Cette production du Théâtre de l’incrédule et de l’Orchestre régional de Normandie propose un éclairage nouveau sur l’œuvre de Stravinsky et Ramuz, grâce à un prologue inédit, écrit par Benjamin Lazar en collaboration avec Adeline Caron et mis en musique par Martin Matalon qui a écrit pour le même effectif que celui de Stravinsky.
L’histoire se passe dans le futur, dans les années 2050, et cette histoire du soldat devient celle de sa fille , enquêtant sur ce père qu’elle n’a pas connu et dont sa mère lui a dit peu de choses. Cette jeune femme se rend à la séance publique d’un médium qui prétend lire dans les esprits grâce à une technologie nouvelle et faire apparaître les images, les histoires et les personnes enfouies dans les mémoires… Le conte de Stravinsky et Ramuz garde son côté fantastique et son humour, mais prend ainsi des allures d’enquête documentaire, et donne la parole aux femmes de cette histoire. Elles en deviennent les narratrices, cherchant à mettre au jour les traumatismes de la guerre.
Les Petits Contes de Léonora
Malin, séduisant, dangereux, le diable est un personnage récurrent des contes traditionnels. Toujours prêt à prendre une forme nouvelle, il fait signer un contrat à ses naïves victimes afin de les entraîner dans sa chute - à moins qu'elles ne se révèlent plus malignes que lui ! Dans ce spectacle, le diable vient murmurer à l’oreille des spectateurs, tantôt présent, tantôt, caché, pour faire découvrir, en mots et en musique, un florilège de ses ruses à travers le folklore du monde entier proposé dans une réécriture originale. Ce diable est le fil rouge d’un voyage dans les contes qui est aussi un voyage musical et sonore mettant en éveil l’écoute fine des jeunes spectateurs et leur capacité à se créer des images intérieures. Les petits contes du diable est créé en miroir de l’Histoire du diable et du soldat de Stravinsky et Ramuz (création scène nationale de Cherbourg en novembre 2023). Les Petits Contes du Diable peuvent tourner indépendamment de l’Histoire du soldat.
L'Autre Monde ou les Etats et Empires de la Lune
Le spectacle proposé est une visite guidée du chef-d’œuvre de Cyrano de Bergerac, L’Autre Monde ou les Etats et Empires de la Lune, qui circula sous le manteau jusqu’à la mort de son auteur et qui ne parut dans sa version non expurgée qu’au XXème siècle.
Ce récit est le premier roman français de science-fiction, à la pointe des théories scientifiques de son temps : on y trouve une étonnante démonstration de la rotation de la Terre autour du Soleil, des machines volantes de toutes sortes, des repas de fumées, des livres qu’on lit « avec les oreilles ». C’est aussi un roman philosophique: comme dans Micromégas de Voltaire au siècle suivant, le monde de la Lune permet à Cyrano de se livrer à une critique en règle des dogmes politiques, religieux et moraux de son temps et du nôtre. Enfin, il s’agit tout simplement d’un roman d’aventure palpitant et drôle, qui touche par son mélange constant d’ironie et de mélancolie.
Le spectacle a la forme simple d’un conte. Un escabeau de bibliothèque, une chaise, un haut pupitre de travail sont tour à tour sollicités par le récit pour devenir machine volante, dragon de feu, prison, cheminée ou encore théâtre de marionnettes.
La musique joue un rôle important car, comme a pu l’imaginer aussi Marin Mersenne dans Harmonie Universelle, elle est le langage employé par les Grands sur la Lune. De petites partitions de quatre notes parsèment même le roman pour désigner certains lieux-dits ou noms de cet autre monde. Benjamin Perrot et Florence Bolton ont choisi des compositeurs dont l’invention, l’originalité, les audaces harmoniques les rapprochaient de cet écrivain qui n’eut pas d’égal au XVIIème siècle.
Presse :
L'Autre monde ou les états et empires de la lune à l'Athénée, Le ventre et l'oreille, 26 septembre 2019
L'Autre mon ou les états et empires de la lune, La Terrasse, 26 septembre 2019
Benjamin Lazar nous propulse vers l'autre monde au Théâtre de l'Athénée, Toute la culture, 26 septembre 2019
Podcast :
Radio Notre-Dame, émission "Signature musicale" du 20 septembre 2019 avec Benjamin Lazar
Vidéo :
Review théâtrale par Marie Plaint Chant
Les Caractères
Adapté du livre éponyme de La Bruyère, ce concert lecture, en déclamation ancienne et éclairé aux bougies reprend quelques-uns des célèbres portraits délicieusement satiriques de ce grand écrivain. Ce chef d’œuvre littéraire et sociologique est un texte à clé, et de nombreux lecteurs de l’époque savaient bien sûr qui avait servi de modèle à Irène, Pamphile ou Ménalque. Le génie de La Bruyère est d’avoir compris que ces « caractères » sont universels et qu’on retrouve cette « comédie humaine » à chaque époque, dans chaque société. « Dans cent ans, le monde subsistera encore dans son entier ; ce sera le même théâtre et les mêmes décorations, ce ne seront plus les mêmes acteurs. (…) Il s’avance déjà sur le théâtre d’autres hommes qui vont jouer dans une même pièce les mêmes rôles ; ils s’évanouiront à leur tour ; et ceux qui ne sont pas encore, un jour ne seront plus : de nouveaux acteurs ont pris leur place. » (De la Cour, 99)
Dans notre XXIème siècle et dans notre vie, n’avons-nous pas, nous-mêmes, croisé Emire, Phédon ou Giton ?
La musique, avec les « pièces de caractère » de Marin Marais et Robert de Visée, deux compositeurs contemporains de La Bruyère, est insérée en prolongement du discours du comédien.
Traviata, vous méritez un avenir meilleur
1848 : la courtisane Marie Duplessis inspire à Alexandre Dumas fils La Dame aux camélias. Quelques années plus tard, Verdi crée à son tour le personnage de Violetta Valéry en butte à l’hypocrisie et au cynisme de ses contemporains : ce sera La Traviata.
L’histoire ne s’arrête pas là : des siècles plus tard, avec Traviata – Vous méritez un avenir meilleur, Benjamin Lazar, Florent Hubert et Judith Chemla redonnent vie à cette combattante et révèlent toute la profondeur de son histoire aujourd’hui. Dans un spectacle qui adapte l’opéra pour une dizaine d’interprètes, on chante, on parle, on joue, au plus près des émotions.
En première ligne, Judith Chemla, Violetta du XXIe siècle, puissante et évanescente. Une immersion des plus bouleversantes dans l’intimité de cette femme que la société condamne de vouloir vivre comme elle le souhaite.
Presse :
article Olyrixp, 16/09/2023
Le Bourgeois Gentilhomme
A la fin de l’été 2004, la création du Bourgeois Gentilhomme par le Poème Harmonique produit un choc qui ne s’est pas démenti depuis : pour la première fois, l’esprit de troupe réunissant musiciens, chanteurs, danseurs et comédiens, et le travail de restitution scénique du théâtre baroque, sortent du cadre expérimental pour s’adresser au plus large public. Et celui-ci a répondu présent, avec plus de 50 000 spectateurs dans 22 villes et 7 pays, et un exceptionnel succès pour le DVD issu du spectacle (Alpha, 700).
Production Le Poème Harmmonique
Archives
La Forêt des Fables
Dans ce spectacle, la lumière des bougies, les corps et les voix des deux comédiennes, dialoguant avec la musique de Robert de Visée, suffisent à faire apparaître, disparaître, naître et mourir les personnages de cet univers à la fois poétique et philosophique.
Le travail sur la déclamation baroque donne à ces Fables un tout autre aspect que celui qu’elles prennent lors de l’étude en classe. La langue plus musicale, se met à dialoguer avec la musique, elle se déploie dans l'espace, devient presque visible et palpable, grâce à la gestuelle qui la fait apparaître, en facilite la compréhension et donne des clefs d'interprétation. Il s'agit aussi de faire ressentir la magie et le mystère de ces animaux qui se mettent à parler.
Créé par Louise Moaty et Benjamin Lazar, ce spectacle fait aujourd’hui l'objet d'une passation aux deux comédiennes Léna Rondé et Anne-Louise de Ségogne. Le choix des fables a été remanié de façon à ouvrir le spectacle aux représentations jeune public (à partir de 10 ans) et tout public.
Les célèbres corbeau, renard, loup, agneau, cigale et fourmi seront donc au rendez-vous, accompagnés de quelques moins connus canards, moucherons ou rivière, composant un monde à multiples niveaux de lecture où le sourire tendre et la lucidité mordante portée sur la société humaine à travers ces animaux produisent une inimitable atmosphère.
Héptaméron, récits de la chambre obscure
Marguerite de Navarre s'est inspirée de l'italien Jean Boccace et de son Décaméron pour écrire son magnifique Heptaméron. Dans ce livre que la mort de son auteur, en 1549, laissa inachevé, un groupe d’hommes et de femmes, confinés par des pluies diluviennes, décide, pour passer le temps, de se raconter des histoires amoureuses aussi captivantes que dramatiques, et toutes véritables.
Chef d'œuvre de la littérature du 16e siècle, l'Heptaméron est aussi une formidable machine théâtrale, où chaque récit invite à une façon nouvelle d'investir la scène et de passer de la narration à l'incarnation. Ces Récits de la chambre obscure mêlent les histoires et le style de Marguerite de Navarre aux langues et aux récits personnels portés par les douze acteurs et chanteurs de la troupe.
La scène évoque la chambre obscure du peintre, celle de l'imagination et de la mémoire. Elle est aussi une chambre d'échos : y résonnent des madrigaux italiens de Monteverdi, de Rossi et de Gesualdo, entre autres. Ces poèmes chantés, aux prémices de l'opéra, répondent aux histoires et démultiplient soudain la voix des narrateurs dans des séquences oniriques. Au fil des récits et des musiques, la scène devient un lieu de voyage constant et imprévu entre les époques, entre la parole et le chant, entre le 16e et le 21e siècle et entre la réalité et l'imagination.
Heptaméron aux Bouffes du Nord, un bijou Artistikrezo, 4 février 2019
Heptaméron : le torrent d’amour tourmenté de Benjamin Lazar, Sceneweb.fr, 4 février 2019
La Chambre de Maldoror
" Les Chants de Maldoror du comte de Lautréamont ont été écrits par un tout jeune homme, Isidore Ducasse, mort à l’âge de 24 ans en 1870, à Paris. Maldoror, personnage cruel et insaisissable, conduit le lecteur à travers les théâtres de son imagination où l’humour noir côtoie un désir d’embrasser le monde dans sa totalité. Découvert 15 ans après sa mort, ce livre souterrain eut une importance fondamentale dans la naissance de l’art contemporain.
J’ai créé une première version du spectacle en 2019, dont le confinement a annulé la reprise. Cette re-création s’intègre dans le cycle de recherche et de création, l’Entremonde, initié par la compagnie Le Théâtre de l’incrédule, avec, entre autres, le compositeur Pedro Garcia-Velasquez, le créateur sonore Augustin Muller, la scénographe Adeline Caron, le cinéaste Joseph Paris et Jessica Dalle pour la collaboration artistique. L’Entremonde explore les agencements d’images intérieures qui naissent lors de la lecture. On met en forme cette exploration par des créations visuelles et sonores utilisant l’enregistrement binaural, ou son 3D, qui permet de composer des espaces sonores invisibles que l’on écoute au casque.
La Chambre de Maldoror sera donc un spectacle au casque, et le début d’un cycle qui s’étendra sur plusieurs saisons. Des ateliers mêlant amateurs et professionnels seront présentés autour du spectacle." Benjamin Lazar